Indépendant depuis un an.

Dans cet article je sors du contexte habituel du ce blog, pour parler de l’expérience que je vis depuis un an ( depuis la fin janvier 2012). L’envie de devenir indépendant ne naît pas du jour au lendemain, elle se concrétise étape par étape, rencontre par rencontre, lecture par lecture. On peut dire que j’ai commencé à y penser fortement à partir de Mai 2011, voir peut-être même avant.  J’ai eu envie de créer quelque chose, de travailler sur une idée forte, un concept d’application, de l’autre et aussi de voir et de découvrir autre chose.

J’ai travaillé pendant de nombreuses années pour des sociétés de service d’ingénierie informatique (SSII), il y a des choses positives et des choses moins positives. Elles répondent aux attentes informatique des autres sociétés. Elles représentent un vivier de compétence informatique, technique et fonctionnelle plus ou moins qualifié, pour répondre aux besoins de la société. Avec le recul, je me rends compte qu’il est très dur d’évoluer dans ses structures. A chaque mission, on recommence depuis zéro, le client reconnait votre savoir faire et votre savoir être, de l’autre côté, pas grand chose, le néant.

J’ai croisé beaucoup de personne pour me dissuader de devenir indépendant, « C’est la crise », « tu as vu les chiffres du chômage » et « c’est courageux ce que tu fais ». « C’est le bon moment (âge) pour le faire ». J’avoue que la plus grande majorité des commentaires est plutôt négative ou craintive. Je me suis posé la question moi-même, « Est ce une réelle envie de ta part, ou est ce que c’est dans l’air du temps, pour réussir, il faut passer par une remise en cause des principes établis ? ». C’est une réelle bonne question ? Avec le recul, je me rends compte que la société dans son globale tend de plus en plus vers l’externalisation des compétences, la sous-traitance des compétences et des projets.

Les sociétés n’ont plus envie de recruter des employés sur le long terme, de gérer les ressources humaines, les affectations et les comptes. La tendance est générale, tous les domaines de l’activité humaine sont impactés par cette tendance. Les entreprises vont de plus en plus loin, elles se séparent des fonctions non stratégique. L’informatique est de plus en plus une cible, les projets sont confiés à des centres de service, l’infrastructure est de plus en plus externalisée, le fameux « cloud computing ». C’est bien une logique de fond.

Il reste un espoir, c’est la maitrise du fonctionnel, comprendre et réfléchir en terme d’amélioration continue, en terme de plus value pour le client, en terme d’évolution des part de marché. Il faut pour cela mettre en œuvre du bon sens, des méthodes agiles.

Les divers types de société.

Je vais reprendre le cours de mon histoire. La première étape pour devenir Indépendant, est la création d’entreprise. Il y a beaucoup de littérature sur le sujet, de la société individuelle à la SARL. Il faut choisir le régime d’imposition, faire des demandes diverses et variées aux divers organismes. Le processus de création d’entreprise, c’est énormément simplifié.

Je suis parti avec l’idée de créer une SARL avec un salarié unique (sur les conseils d’un ami indépendant), j’ai étudié le droit des entreprises, le régime d’imposition, et j’ai commencé les démarches. Je suis passé plusieurs fois, à « la Maison de la Création et de la Reprise d’Entreprise » de Nantes, près de la Chambre du Commerce. Elle regroupe de nombreux experts dans la création d’entreprise, des juristes, des experts comptable. Je me suis renseigné sur les droits et les devoirs d’un créateur.

Pour créer une entreprise, il faut choisir une nom d’entreprise est faire une recherche d’antériorité, il faut choisir un nom parlant. Le hasard, ou la malchance, veut que le nom de l’entreprise que j’avais choisi, corresponde, à des similitudes avec le nom d’une entreprise de charme. Sur le moment, je me suis posé la question sur ce que j’allais faire. Il me restait 4 choix, soit recruter des charmantes jeunes femmes, soit trouver un autre nom d’entreprise, poursuivre mon activité via une société d’intérim, où ?. J’avoue que cela porte un coup au moral.

Le portage salarial

Le processus de création d’entreprise est un processus à la fois court et à la fois long. C’est comme un enfant, il faut penser à l’après création,  à l’alimentation, aux frais divers. Il me manquait deux choses, les finances et le réseau pour alimenter les futures missions, et aussi il me restait des zones d’ombre sur la retraite, sur les cotisations diverses et variées. Dans mon cas, j’avoue soit avoir mis la charrue avant les bœufs, soit avoir manqué de courage, soit avoir réfléchi les choses autrement.  Je me suis retrouvé coincé entre une mission (un client) et de l’autre côté la création d’entreprise.

J’ai parlé de société d’intérim, il est possible de signer un contrat de travail (CDD) avec un société d’intérim pour réaliser une mission avec une durée chez un client. Le système est simple, la société prélève un pourcentage sur la masse salariale, pas de comptable, pas de lourdeur administrative, pas de changement de statut.  La société Française dans son ensemble a une mauvaise image de l’intérim, sur la précarité des offres d’emploi . J’ai découvert un milieu structuré avec des personnes compétentes, qui propose des CDI et des offres d’emploi qualifiées. Mon regard sur l’intérim a changé.

J’ai découvert un autre type de société, les sociétés de portage salarial. Un type de structure à mi chemin. entre l’intérim et la création d’entreprise L’idée de l’indépendant et du créateur d’entreprise, c’est d’être maître de son propre destin, de faire ses propres démarches, de tester ses idées et d’aller au devant des autres. Lors de la création d’une entreprise, il faut acquérir des compétences dans la comptabilité, dans la gestion d’un budget, d’un prévisionnel, dans les démarchages commerciales, la création et la constitution d’un portefeuille de client. Il faut gérer sa trésorerie, les flux entrants et sortants de l’entreprise, les impayés. Il faut également se concentrer sur son travail.

Les sociétés de portage salarial, vous proposent de prendre en charge la partie comptabilité de votre activité, elle vous offre un contrat de travail (CDD ou CDI), un statut (cadre, une couverture sociale, une mutuelle, et d’autres avantages). Elles s’occupent pour vous de la facturation de l’entreprise. c’est une relation tri-parties. La première étape consiste à bien choisir son entreprise de portage salarial. Les entreprises de portage salarial sont très réglementées et contrôlées par l’URSSAF. Elles n’ont pas le droit de faire n’importe quoi avec votre argent.

Une société de portage salarial vit en fonction de 3 choses.

  • votre capacité à trouver des missions (votre réseau),
  • le réseau interne des membres qui composent la société de portage,
  • le réseau des sociétés externes.

Une bonne entreprise de portage salarial vous propose un système gagnant gagnant. Elle vous aide à développer votre réseau, à construire une image, une plaquette commerciale de votre activité. Elle vous aide à vous concentrer sur vos points forts. La mise en relation, la rencontre des membres, le travail sur l’image et la plaquette commerciale vous aide à trouver d’autres missions et à construire un réseau. Vos missions en retour, financent la société de portage salarial.

Aux premiers abords, la relation avec une société de portage semble être un frein. Au contraire, c’est une force. Il y a des entreprises qui abusent des indépendants, sur les paiements, sur les retards administratifs. Ensuite, vous intégrez une société avec d’autres membres, vous avez accès à une expérience de groupe, à des synergies, à des complémentarités et aussi à de la concurrence. Il est possible de répondre à des besoins complexes en s’associant, et aussi de découvrir d’autres aspects du métiers, d’autres types de besoins au niveau des entreprises.

Les entreprises externes ont compris l’intérêt d’une entreprise de portage salarial, elle courent moins de risques, pas de gestion de compétence, pas de gestion de carrière. Elles recrutent le temps d’une ou plusieurs missions. Elles ont accès à un vivier de consultants qualifiés, indépendants et motivés. Les consultants ont des expériences professionnelles, diverses et complémentaires, un regard moins standardisé sur les concepts informatique et plus pragmatique sur le terrain. Ils rencontrent beaucoup plus de choses, de diversité et se spécialisent, se forment dans des secteurs porteur, des niches, sur du fonctionnel.

Le bon service au bon prix, il n’y a pas de discussion de marchand de tapis. La reconnaissance du client est directe, il n’y a pas d’intermédiaire. Elle se traduit sous la forme de recommandation, d’autres missions et ainsi de suite.

Le bilan

Depuis un an, je découvre un autre univers,  une autre galaxie, loin du monde feutré et du confort des sociétés de service en informatique. J’ai rencontré de nombreuses personnes qui travaillent en dehors de l’informatique, dans le commerce, dans la formation, des écrivains, dans le design, dans la publicité, dans la qualité. J’ai rencontré des responsables d’entreprise, j’ai rencontré des personnes qui font leurs premiers pas dans le monde de l’indépendance. J’ai découvert la fameuse notion de réseau, comment se construire un réseau physique.

J’ai un regard différent sur la gestion d’une carrière, sur la gestion d’une entreprise, sur le parcours tumultueux de certaines personnes, pour arriver au plus hautes marches. J’ai identifié des points à améliorer, et des axes de réflexion à poursuivre. Je me suis rendu compte de la non importance d’un CV, du décalage entre le message à vouloir faire passer et de la réalité écrite. Comment mettre sur un CV ses motivations, ses aspirations et sa valeur ? Comment communiquer ? comment vendre ?.

La création d’une entreprise est un processus complexe, qui demande beaucoup de self-control, et de recul. Quand on débute dans le monde de l’indépendance, il faut apprendre à faire confiance, donner sa confiance. Une entreprise qui fait appel à vous pour la première fois, ne vous connait pas, et inversement. Il y a des requins, des mauvais payeurs, des blablateurs mais aussi des personnes qui vous font travailler, vous aident, vous conseillent, vous guident, qui construisent avec vous des partenariats gagnant-gagnant.

Que dire d’autre au bout de un an ? Mon regard a beaucoup changé, je suis devenu plus sensible à certain aspect humain, au vocabulaire utilisé. Je me rends compte de beaucoup de chose, et du parcours parcouru. Je structure petit à petit mon offre de service autour des portails d’entreprise, autour du cloud computing, autour de l’organisation du système d’information. Je m’appuie sur mes expériences de Chef de projet et d’Architecte Logiciel et Technique.

C’est une expérience à tenter.

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A propos Duarte TERENCIO

Chef de projet et Architecte J2EE - Portail d'entreprise - Cloud computing Vous trouverez plus d'information sur la page "Me contacter"
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2 commentaires pour Indépendant depuis un an.

  1. Eric dit :

    Intéressant. Une description et une narration descriptive de ces derniers mois documentée et partagée.

  2. Bienvenue cher collègue moi aussi je suis en portage et le changement de ma vie est radical… amélioration de ma productivité professionnelle et bienfait sur ma vie personnelle. Si cela continue à marcher comme cela je pense monter ma boite d’ici 2 ans… le portage est un vrai tremplin à mon sens…

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