C’est quoi le vrai cloud computing ?

solution cloud computing - IAAS

Il y a beaucoup d’articles sur le cloud computing. C’est un sujet dont on parle de plus en plus dans les médias, à la télévision, dans la presse, dans les salons. Il ne se passe pas un jour sans avoir droit à une nouvelle solution, à un nouveau produit, à un nouvel acteur.

Certains analystes qualifient le cloud computing comme le nouvel eldorado de l’informatique, on voit des études fleurirent sur les bienfaits, sur les perceptives d’évolution, sur la courbe de croissance des ventes, le gartners group, une étude citrix, et bien d’autres.

Les responsables informatiques sont confrontés à une myriade de solutions et de propositions pour faire évoluer l’informatique dans leur entreprise. Le message qui est donné : « Il faut être absolument sur le cloud computing, pour X  raisons », « Comment vous n’êtes pas sur le cloud computing ? », «  »l’inéluctable cloud » .

L’impact du Système d’information est devenu tellement important que l’on ne parle plus de Direction du Système d’information (DSI), on parle désormais de la Direction et l’Organisation du Système d’information (DOSI).

Comment vous n’êtes pas cloud computing ?

Il y a X raisons d’être sur le cloud computing et de ne pas y être. Je pense que dans la tête des DOSI , le cloud computing est associé à la virtualisation des machines. Les DSI, les décideurs dans les entreprises ont très vite amorcé le virage de la virtualisation. La virtualisation est devenue monnaie courante dans les grandes et moyennes entreprises. Je dirais même la virtualisation se retrouve de plus en plus chez les particuliers. Alors pourquoi aller sur internet, et exposer des fonctions de mon système d’information ?

Je suis déjà sur le cloud (privé). Mes plateformes, mes environnements sont virtualisés depuis 3 ou 4 années. Je me débarrasse petit à petit des derniers serveurs, des dernières machines physiques, et je les remplace par des gros serveurs avec des baies de stockage. Le budget informatique augmente de plus en plus et je dois proposer à chaque fois plus de service.

Alors pourquoi aller sur le vrai Cloud computing ?. J’ai la même chose dans mon entreprise. J’ai mon propre Cloud privé.

Mes problèmes sont nombreux, il y a le coût des licences des logiciels. J’ai du mal à connaître le nombre de machines dont je dispose. J’ai du mal à connaître et à faire évoluer mon parc applicatif. On me parle d’agilité, et tous les 3 ans je dois sans cesse investir pour mettre à jour mon parc informatique, nouvelle version de logiciel, nouvelle technologie, nouvelles machines encore plus grosses etc. Ce n’est pas très agile ?

C’est le casse tête de tous les DSI, sans oublier les problèmes de budget, de rentabilité, de politique, de ressource humaine. Nous avons un nouveau souci, c’est la consommation électrique,. Alors à quoi sert le Cloud computing ?

C’est quoi le vrai cloud computing ?

Nous arrivons dans le cœur du problème. Il n’y a pas de vrai définition. On parle de cloud computing à toutes les sauces. Le mot est galvaudé. C’est quoi exactement le cloud computing ?

Chaque utilisateur, chaque informaticien, chaque responsable informatique a sa propre définition.

Je vais donner 3 visions distinctes  :

Pour un utilisateur final TIC.

  • Un application web sexy, disponible 24h sur 24h,
  • La possibilité de stocker des fichiers sur internet (l’effet dropbox),
  • Des applications gratuites (freemium)

Pour un DSI, un décideur

  • Un service d’hébergement dynamique, avec un coût (quantifiable ?),
  • Un outil qui permet d’aller encore plus vite et plus loin.

Pour un acteur TIC (chef de projet, développeur, marketing).

  • Un environnement complet, fonctionnel de bout en bout,
  • Un portail de service

Nous avons 3 visions distinctes du cloud computing, c’est la même chose avec des perceptions de d’utilités différentes. Les cartes sont brouillées avec la notion d’infogérance, d’hébergement des solutions, avec la notion de location de machine.

Je vais donner 2-3 axes pour définir le vrai cloud computing.

Un environnement de travail et d’exécution complet de bout

Dans les entreprises actuellement, il faut attendre 6 à 8 mois , 1 an, pour l’achat d’un serveur, l’installation d’une machine virtuelle (VM), d’un système d’exploitation (windows, Linux, etc), d’un serveur d’application. Je ne parle pas de la mise en place des sauvegardes, la gestion de la sécurité, la communication avec le système d’information, avec l’informatique de l’entreprise.

Le vrai cloud computing, ce n’est pas uniquement la machine virtuelle, c’est l’ensemble des paramètres (sauvegarde, sécurité, etc) , des actions pour faire vivre l’environnement de bout en bout, clé en main. L’environnement est livré avec les communications avec le système d’information du client, derrière le firewall du client, dans les murs logiciel et sous contrôle du client.

Nous avons le premier axe pour définir le vrai cloud computing: un environnement de travail complet de bout. C’est à dire que toutes les opérations de provisionning, de sauvegarde, de sécurité sont réalisées.

Un processus d’automatisation des taches de construction des environnements

Nous avons une notion importante qui ressort. En combien de temps ? Les utilisateurs, les développeurs, le marketing souhaitent avoir des environnements rapidement, sur étagère.

Le deuxième axe du cloud computing, c’est l’automatisation des tâches de construction des environnements poussée à l’extrême. Le consommateur TIC au sens général souhaite disposer de son environnement au travers d’un magasin de service, d’un APP STORE, choisir la couleur, le fonctionnement de manière simple. Il souhaite savoir en combien de temps il peut avoir son environnement. Il souhaite un cycle de livraison totalement maîtriser, avec une satisfaction à la livraison. L’automatisation des tâches permet de maîtriser la qualité et le cycle de livraison.

Pour définir un vrai service de cloud computing privé, il faut répondre à la question suivante :

Un utilisateur disposant des droits ad-hoc, avec un besoin légitime de ressources cloud, peut-il s’identifier via votre portail, ou utiliser une API Cloud, pour demander l’accès à des ressources cloud (compute, network, storage) et les obtenir en quelques minutes  via un processus de provisioning automatisé (typiquement moins de 5 ou 10 minutes )?

source : Cloud experience

Dans le cloud computing, il faut définir une grammaire, un nouveau langage pour décrire un nouveau type de service, un nouveau service.

Un environnement d’exécution qui gère la demande à la volée

Nous avons vu que le vrai cloud computing, c’est la construction d’environnement de bout en bout. Nous avons vu l’impact fort de l’automatisation lors de la construction, lors du build.

La gestion de la demande à la volée. Les entreprises souhaitent une informatique auto-deployable, utilisable à la demande, en fonction des pics de charge. Par exemple la saisie d’activité dans une entreprise fonctionne à 95% à la fin du mois, et environ 5% le reste du mois. Imaginons que l’application fonctionne sur 5 serveurs (je suis dans une grande entreprise). La promesse du vrai cloud computing, du nuage , c’est l’utilisation de 5 serveurs à la fin du mois, et de 1 serveur le reste du temps. La facture finale lissée, est l’utilisation de 2 serveurs au total par mois, une économie substantielle par rapport à la facture des 5 serveurs à temps plein.

Comment réaliser cette prouesse technique?  Que faire des 5 serveurs ? Ensuite, je suis sur un datacenter, comment baisser la facture globale d’électricité ? Il y a un nombre de question important à se poser.

Le taux d’occupation d’un serveur, le nombre d’utilisateur sur un serveur est un nombre mesurable dans le temps. Les entreprises de cloud computing, ou CSP (Cloud Service Provider) associent des mesures et des limites  à un serveur, à une VM (virtual machine). Elle surveille en permanence, de manière automatique ces indicateurs. Je vais donner un chiffre fictif, une VM, un serveur peut gérer au maximum 300 utilisateurs, au delà les performances se dégradent. A partir de 200 utilisateurs, un programme lance le réveil ou la construction d’une autre VM, et ainsi de suite.

Pour répondre à la demande, nous avons deux possibilités, mettre en sommeil des VM existantes ou construire des VMs à la demande. Dans un processus de construction d’environnement , de provisionning en 10 minutes, l’opération est réalisable, au delà, il faut trouver un processus d’anticipation des pics de charge et mettre en place un système d’hibernation.

Je vais ajouter 2 notions complémentaires pour définir le cloud computing

La nature du service

Le dernier axe, qui me semble important, c’est la nature du service en lui même. Ou s’arrête le service autour du cloud computing, ou mettre le curseur, comment définir le curseur, établir un curseur de valeur pour vos client (définir un contrat de service pour vos clients) ?

Si je parle Help Desk, maintenance en condition opérationnelle, de service aux utilisateurs, d’usine de création de logiciel, d’intégration continue, de mise en production instantanée, de Dev Ops, nous ne sommes plus dans la construction de l’infrastructure, nous arrivons à la limite du matériel, du côté de la fabrication du logicielle, dans la gestion du service.

Combien coûte un service dans un monde qui tend vers le gratuit ?

Le point le plus complexe du cloud computing externe à l’entreprise, reste le côté juridique.

Une unité d’œuvre

Le consommateur TIC souhaite une unité d’oeuvre, un coût par rapport à sa demande ? Pour identifier une unité d’œuvre, il faut d’abord construire horizontalement, bâtir une solution viable qui réponde aux besoins, avec des coûts fixes et variables, il faut mesurer le coût de la variabilité de la demande, lisser le coût d’usage sur plusieurs clients, sur plusieurs utilisateurs (cout transversale), pour obtenir le coût d’usage final, le cout d’amortissement.

Conclusion

La définition du vrai cloud computing est complexe. C’est un univers informatique en court de construction, en pleine recherche de standard, de comment faire ?. C’est un Eldorado, un rêve de plus en plus concret, qui arrive à grand pas. Les standards arrivent.

Le cloud computing c’est majoritairement de l’orchestration pour répondre à une demande, de l’automatisation de tâche. Toute l’intelligence du cloud computing est dans le logiciel qui traite la demande et qui répond aux besoins. La construction des environnements d’exécution de bout en bout est réalisé par des automates, la répartition des charges, la gestion du nombre de VM est orchestré. Les CSP, (Cloud service provider) vendent des services complets. La virtualisation est un outil dans le LEGO, dans l’assemblage pour faire du cloud computing. 

Je vais heurter un peu les puristes. Il est possible de faire du cloud computing sans virtualisation, il est possible d’automatiser, de mettre à disposition des services dans une boîte noir (un boitier de recherche google hardware, une base de donnée avec hardware sécurisé dédié, etc).

Le cloud computing, le nuage, l’informatique en général transforme la société autour de nous. Il y a des raisons d’avoir peur, le cloud computing bouleverse les entreprises, les organisations, les silos, les cheminées. Il impacte notre manière de concevoir, d’interagir, notre manière d’inventer, de collaborer et de construire de l’intelligence, de créer du service pour la collectivité.

C’est un vecteur de changement profond dans la société. Dans les entreprises « cloudisées » , les services informatique passe du faire au faire faire. C’est une jolie phrase que je ne partage pas, les salariés doivent apprendre à créer de la valeur, sinon, ils n’ont plus de place. C’est un pression encore plus forte sur chacun. Une entreprise « cloudisés » doit mieux réfléchir, se concentrer et créer de la valeur pour ces clients.

On remplace le temps de construction, un temps de maturation de projet, de prototypage mental, un temps administratif par une super boîte à outil disponible tout le temps. Un joueur de golf ne devient pas meilleur avec des supers clubs, il devient meilleur avec l’entraînement et en jouant. Il doit apprendre des techniques. Il faut faire attention à ne pas remplacer un temps humain par un autre temps de prise de décision plus long, par un mille feuille administratif ou de contrôle. Il faut capitaliser sur les hommes et sur la perception des besoins.

Le client devient le centre des attentions. Les relations avec le travail, avec l’humain changent, ‘l’humain devient un acteur à part entière de la vie numérique, de la vie tout court, et donc de la Société qu’il souhaite.

Le cloud computing ne gère pas les projets, ne fait pas de planification, ne réduit pas les délais de création, d’innovation et de maturation des usages. C’est un outil, un mécanisme à utiliser avec discernement et pragmatisme. Il faut un responsable de projet ou d’environnement cloud, un chef d’orchestre, pour réfléchir, pour dire « non » à l’openbar, pour mesurer les usages, pour mutualiser les efforts et aussi pour expliquer tout cela.

Comme dans toutes mutations, il y a une destruction de valeurs et une création de nouvelles valeurs, de nouveaux usages. Il faut faire attention à ne pas aller trop vite et trop loin,  à ne pas créer des usines à gaz encore plus complexe.

C’est une formidable chance, il y a des nouveaux métiers passionnants qui émerge, des nouvelles opportunités pour mieux comprendre l’humain, les goûts, les couleurs (le bigData) , des opportunités pour aider l’humain à se repérer, a se guider (Google Maps, les services autour de la géolocalisation) , des opportunités pour améliorer ll’humain (Google glass, les sondes connectées, etc)

Je pense que cet article vous fait réagir, merci de laisser des commentaires.

A propos Duarte TERENCIO

Chef de projet et Architecte J2EE - Portail d'entreprise - Cloud computing Vous trouverez plus d'information sur la page "Me contacter"
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